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atteste la vigilance des califes était parvenu jusqu’à nous, il deviendrait utile aux philosophes de tous les siècles[1].

Mort du dernier roi de la Perse. A. D. 651.

Yezdegerd s’était porté, dans sa fuite, au-delà de l’Oxus et jusqu’au Jaxartes, deux fleuves[2] très-connus des anciens et des modernes, qui descendent des montagnes de l’Inde vers la mer Caspienne ; il fut reçu avec hospitalité par Tarkhan, prince de la Fargana[3], province fertile, située sur les rives du Jaxartes. Le roi de Samarcande, les hordes turques de la Sogdiane et de la Scythie, se laissèrent toucher par les lamentations et les promesses du monarque détrôné ; et ce malheureux prince implora l’amitié plus solide et plus puissante de l’empereur de la

  1. Dans la disette où nous sommes de monumens sur cette partie de l’histoire, je regrette que d’Herbelot n’ait pas trouvé et employé une traduction en langue persane de l’ouvrage de Tabari, enrichie, à ce qu’il dit, de plusieurs extraits des annales écrites par les guèbres ou les mages (Bibl. orient., p. 1014).
  2. Ce que nous savons de plus authentique des deux rivières de Sihon (Jaxartes) et du Gihon (Oxus), se trouve dans l’ouvrage du sherif Al-Edrisi (Geogr. nubien., p. 138), dans Abulféda (Descript. Khorasan, in Hudson, t. III, p. 23), dans l’Écrit d’Abulghazi-khan, qui régnait sur les rives de ces deux fleuves (Hist. généalog. des Tatars, p. 32, 57, 766), et dans le géographe turc, manuscrit qui se trouve à la Bibliothéque du roi de France (Examen critique des historiens d’Alexandre, p. 194-360).
  3. Abulféda (p. 76, 77) décrit le territoire de la Fargana.