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dont les succès et les obstacles augmentèrent également leur enthousiasme.

Caractère de leurs califes.

D’après les rapides conquêtes des Sarrasins, on est disposé à croire que les premiers califes commandèrent en personne les armées des fidèles, et cherchèrent dans les premiers rangs la couronne du martyre. Abubeker[1], Omar[2] et Othman[3] avaient en effet déployé leur courage lors de la persécution et des guerres du prophète ; et l’assurance personnelle qu’ils avaient d’obtenir le paradis devait leur avoir appris à mépriser les plaisirs et les dangers de ce monde. Mais ils étaient vieux ou d’un âge mûr quand ils montèrent sur le trône, et les soins intérieurs de la religion et de la justice leur parurent les devoirs les plus importans d’un souverain. Si l’on excepte le siége de Jérusalem, fait par Omar en personne, leurs fréquens pèlerinages de Médine à la Mecque furent leurs plus longues expéditions. Les nouvelles de la victoire les trouvaient priant ou prêchant tranquillement devant le tombeau du prophète. L’austérité et la frugalité de leur vie étaient l’effet, soit de

  1. Voyez son règne dans Eutychius (t. II, p. 251), Elmacin (p. 18), Abulpharage (p. 108), Abulféda (p. 60), d’Herbelot (p. 58).
  2. Voyez sur son règne Eutychius (p. 264), Elmacin (p. 24), Abulpharage (p. 110), Abulféda (p. 66), d’Herbelot (p. 686).
  3. Voyez sur son règne Eutychius (p. 323), Elmacin (p. 36), Abulpharage (p. 115), Abulféda (p. 75), d’Herbelot (p. 695).