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vince de Hejaz, située sur la côte de la mer Rouge[1].

Mœurs des Bédouins ou Arabes pasteurs.

La mesure des moyens de subsistance est celle de la population, et la vaste péninsule de l’Arabie a peut-être moins d’habitans qu’une province fertile et industrieuse. Les Ichthyophages[2] ou peuples vivant de poisson, erraient autrefois sur les côtes du golfe Persique, de l’Océan et même de la mer Rouge, pour y chercher leur précaire nourriture. Dans ce misérable état, qui mérite peu le nom de société, la brute qu’on appelle homme, sans arts et sans lois, presque dépourvue d’idées et de langage, se trouvait peu au-dessus du reste des animaux. Les générations et les siècles s’écoulaient dans un silencieux oubli, et les besoins, les intérêts qui bornaient l’existence du sauvage à l’étroite bordure de la côte de la mer, l’empêchaient de songer à multiplier son es-

  1. Consultez, lisez en entier et étudiez le Specimen Hist. Arabum de Pococke (Oxford, 1650, in-4o). Les trente pages du texte et de la version sont un extrait des dynasties de Grég. Abulpharage, que Pococke traduisit ensuite (Oxford, 1663, in-4o). Les trois cent cinquante-huit notes forment un ouvrage classique et original sur les antiquités arabes.
  2. Arrien indique les Ichthyophages de la côte de Hejaz (Periplus maris Erythrœi, p. 12), et il les indique encore au-delà d’Aden (p. 15). Il paraît vraisemblable que les côtes de la mer Rouge (prises dans l’acception la plus étendue) étaient occupées par ces sauvages, même dès le temps de Cyrus ; mais j’ai peine à croire qu’il y eût encore des cannibales parmi eux sous le règne de Justinien. (Procope, De bell. Persic., l. I, c. 19.)