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triomphe des fidèles. Les morts furent dépouillés et insultés ; deux des prisonniers jugés les plus coupables furent punis de mort, et les autres payèrent, pour leur rançon, quatre mille drachmes d’argent, qui dédommagèrent un peu de l’évasion de la caravane ; mais les chameaux d’Abu-Sophian cherchèrent en vain une nouvelle route au milieu du désert et le long de l’Euphrate ; la vigilance de Mahomet parvint encore à les surprendre, et la prise dut être bien considérable, si, comme on le dit, le cinquième de l’apôtre fut de vingt mille drachmes. Abu-Sophian, irrité de la perte publique et de la sienne propre, rassembla un corps de trois mille hommes, parmi lesquels on comptait sept cents hommes armés de cuirasses et deux cents cavaliers : trois mille chameaux le suivirent ; et Henda, son épouse, avec quinze matrones de la Mecque, battait sans cesse du tambourin, afin d’animer les troupes et de faire éclater la grandeur de Hobal, la divinité la plus populaire de la Caaba. [D’Ohud. A. D. 623.]Neuf cent cinquante croyans défendaient le drapeau de Mahomet ; la disproportion du nombre n’était pas plus grande qu’elle ne l’avait été à la journée de Beder, et telle était leur confiance, qu’elle l’emporta sur l’autorité divine et les raisons humaines que voulut employer Mahomet pour les dissuader du combat. La seconde bataille se donna sur le mont Ohud, à six milles au nord de Médine[1] : les Koreishites s’avancèrent sous la

  1. Geogr. nubiensis, p. 47.