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sur le champ de bataille[1]. Il se trouvait dans la célèbre et fertile vallée de Beder[2], à trois marches de Médine, lorsque ses vedettes l’informèrent que la caravane approchait d’un côté, et que les Koreishites, avec cent chevaux et huit cent cinquante fantassins, s’avançaient de l’autre. Après une courte délibération, il sacrifia les richesses à la gloire et à la vengeance ; il fit un léger retranchement afin de couvrir ses troupes et un ruisseau d’eau douce qui arrosait la vallée. [Combat de Beder. A. D. 623.]« Dieu, s’écria-t-il à mesure que les Koreishites descendaient les collines, Dieu ! si ces guerriers périssent, quels seront tes adorateurs sur la terre ? — Courage, mes enfans, serrez les rangs, lancez vos traits, et la victoire est à nous. » À ces mots il se plaça, ainsi qu’Abubeker, sur un trône ou sur une chaire[3], et invoqua avec

  1. Al-Jannabi (apud Gagnier, t. II, p. 9) lui donne soixante-dix ou quatre-vingt chevaux ; et en deux autres occasions antérieures à la bataille d’Ohud, il dit (p. 10) que Mahomet avait une troupe de trente, et à la page 66, un corps de cinq cents cavaliers. Abulféda, qui paraît plus exact, assure (in Vit. Mohammed., part. XXXI, p. 65) que les musulmans n’avaient que deux chevaux au combat d’Ohud. Les chameaux étaient en grand nombre dans l’Arabie Petrée ; mais il semble que les chevaux y étaient moins communs que dans l’Arabie Heureuse ou l’Arabie Déserte.
  2. Bedder-Houneene, à vingt milles de Médine et à quarante de la Mecque, est sur le grand chemin de la caravane de l’Égypte, et les pèlerins célèbrent annuellement la victoire du prophète par des illuminations, des fusées, etc. (Voyages de Shaw, p. 477.)
  3. Le lieu où Mahomet se retira pendant l’action, est