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L’ANÉMONE DU COLISÉE


IMITATION EN VERS


D’un fragment de ROME, par Mme la marquise de B*****.


Oser traduire en vers cette prose fleurie,
À Qui dépasse l’éclat de toute poésie,
N’est point d’un faible luth la téméraire ardeur :
C’est l’hommage au talent, et la dette du cœur.

Le soleil s’inclinant vers sa couche embrasée,
Teignait de pourpre et d’or l’antique Colisée,
Vaste arène où souvent nous allions nous asseoir,
Pour savourer le calme et les parfums du soir.
Il est doux, quand le cœur, fatigué de ses chaînes,
Se courbe sous le poids des tristesses humaines,
Il est doux de venir, vibrant d’émotion,
Demander le courage et l’inspiration
À ces nobles martyrs, à ces ombres bénies,
Qui fuyant le séjour des gloires infinies,
Doivent errer parfois sous ces arceaux déserts.
Fantômes rayonnants, balancés sur les airs,
Elles aiment à voir prier, lutter, les âmes
Prisonnières encor dans les terrestres flammes,
Et qui leur conservant un souvenir pieux,
Pour y chercher leur trace accourent dans ces lieux.

Oh ! qui peindra la joie immense et douloureuse
Qu’éprouva notre cœur, lorsque émue et rêveuse,