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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/29

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JEAN RIVARD

— Monsieur, je ne saurais vous exprimer combien je vous suis reconnaissant de tant de bontés…

— Chut ! mon ami, ne parlez pas de reconnaissance. Si vous réussissez comme vous le méritez, je serai suffisamment récompensé. On ne trouve pas tous les jours à obliger des jeunes gens de cœur. »

Jean Rivard et l’homme de M. Lacasse partirent donc ensemble pour parcourir en tous sens le Canton de Bristol, après avoir eu le soin de se munir d’une petite boussole.

Ils ne revinrent que le lendemain soir.

Sans entrer dans tous les détails de l’itinéraire de nos explorateurs, disons tout de suite que Jean Rivard avait fait choix, à trois lieues environ du village de Lacasseville, (appelé ainsi du nom de son fondateur M. Lacasse,) d’un superbe lopin de terre, tout couvert de beaux et grands arbres, et dont le sol était d’une richesse incontestable. Une petite rivière le traversait. D’après la description qu’il en fit à M. Lacasse, celui-ci jugea que son protégé ne s’était pas trompé, et tous deux se rendirent aussitôt chez l’Hon. Robert Smith, lequel, tout en manifestant d’abord une sorte de répugnance à se dessaisir d’une partie de son domaine inculte, finit par concéder à Jean Rivard cent acres de terre à cinq chelins l’acre, payables en quatre versements égaux, dont le premier ne devenait dû qu’au bout de deux années, — à condition toutefois que Jean Rivard s’établirait sur le lot en question et en commencerait sans délai le défrichement.

Le marché conclu et signé, Jean Rivard remercia de nouveau son ami et bienfaiteur M. Lacasse, et après lui avoir serré la main, partit en toute hâte pour retourner auprès de sa mère, à Grandpré.