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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/207

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JEAN RIVARD

Rivard, prit part comme tous les autres aux danses et aux chansons. Il réussit même, dans le cours de la soirée, à faire faire, au son de sa bombarde, quelques pas cadencés à sa gentille Dulcinée, au grand amusement de toute la réunion.

Les danses se prolongèrent fort avant dans la nuit et la soirée se termina par des jeux.

Le lendemain, les gens de la noce se rendirent chez la mère du marié, la veuve Jean Baptiste Rivard.

Il y avait là un convive de plus que la veille : c’était le vénérable M. l’abbé Leblanc, curé de Grandpré, qui n’ayant pu être présent à la fête, le premier jour des noces, s’était fait un plaisir de venir assister au dernier dîner que son jeune ami devait prendre à Grandpré, avant de partir pour sa future résidence du Canton de Bristol.

Par respect pour le vénérable convive, le repas fut un peu moins bruyant que la veille, quoique la gaîté ne cessât de régner.

Vers la fin du dîner, le digne curé se levant : « Mes jeunes amis, dit-il, en s’adressant aux mariés, permettez-moi de vous offrir encore une fois, avant votre départ, mes plus sincères félicitations. C’est un beau et touchant spectacle que celui de deux jeunes personnes dans toute la fraîcheur de leur printemps, qui se jurent, comme vous l’avez fait, devant Dieu et devant les hommes, d’être l’une à l’autre pour la vie, dans la santé comme dans la maladie, dans la bonne fortune comme dans l’adversité. Mais nulle part ce spectacle n’est plus touchant que dans cette classe de la société où le jeune homme et la jeune femme, en formant ce nœud indissoluble, se vouent