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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/192

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LE DÉFRICHEUR.

Jean Rivard calculait qu’en prenant sur ce total tout ce que requerraient les besoins de sa maison durant l’année suivante, et en retenant de chaque espèce de grains et de légumes la proportion nécessaire aux semailles du printemps suivant, il lui resterait encore pour une valeur d’au moins cent louis qu’il pourrait consacrer au paiement de ses dettes et à l’amélioration de sa propriété. Ses dettes se composaient des arrérages de gages de ses hommes, et de ses comptes courants avec les marchants de Lacasseville, chez lesquels il avait acheté les ferrures, les planches, la chaux et les autres matériaux employés à la construction de sa maison. Le tout pouvait s’élever à une somme de soixante-dix à quatre-vingts louis, de sorte qu’il lui restait, d’après ses calculs, une vingtaine de louis qu’il pourrait consacrer aux frais d’ameublement de sa maison et aux petites dé-


    veront des exemples de succès encore plus étonnants que ceux de Jean Rivard. Elles y liront, par exemple, pages 15 et 16 :

    « Il existe dans Shipton un cultivateur ; il y a vingt ans il n’était que journalier. Veut-on savoir le montant des produits de sa terre dont il peut disposer annuellement ? Citons l’année présente qui ne montre rien de plus que les années dernières. Nous ne pouvons donner que des chiffres approximatifs, mais nous pouvons assurer qu’ils ne sont pas exagérés. Cet heureux cultivateur a vendu, depuis l’automne, des animaux pour un montant de £25 0 0 ; du lard pour £22 10 0 ; du beurre pour £50 à £60. Le foin dont il peut disposer lui aura rapporté £20 à £30 et les patates £12 10 à peu près. Ainsi les produits de sa ferme lui procurent chaque année la jolie somme d’environ £200. Nous prions le lecteur de remarquer que tous les articles ci-dessus mentionnés sont un surplus de produits en sus de ce qu’il emploie à la subsistance de la famille.

    « Trois autres cultivateurs établis au même lieu et à peu près dans le même temps ont eu un succès à peu près semblable.»

    M. N. Piché, missionnaire, écrivait en 1860 au journal L’Ordre des lettres fort intéressantes, dont nous extrayons ce qui suit, tout en regrettant de ne pouvoir les citer en entier :