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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/42

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BALZAC (HONORÉ DE).

En soupirant, il tourne un regard triste et doux
Vers l’éternelle voûte.

Ce n’est point de son front l’éclatante blancheur
Qui m’a dit le secret de sa noble origine,
Mais son tendre sourire et l’accent enchanteur
De sa plainte divine.

Ah ! gardez, gardez bien de lui laisser revoir
Le brillant séraphin qui vers les cieux revole ;
Trop tôt, il lui dirait la magique parole
Que, pour nager dans l’air, ils prononcent le soir.

Vous les verriez, des nuits perçant les sombres voiles,
Comme un point de l’aurore atteindre les étoiles
De leur vol fraternel ;
Et, le marin, le soir, assis sur le rivage,
Levant un doigt craintif aux campagnes du ciel,
De leurs pieds lumineux montrerait le passage.