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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/245

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Au pied de l’arbre funéraire.
Que lui dirai-je ? hélas ! Son regard altristé
Se remplira des pleurs dont ici je l’arrose…
Le fils que j’ai porté repose
Sur le palmier qu’il a planté.


LE VIEILLARD DU GALEZE TRADUCTION DES GÉOnCIQlES DB VIRGILE.


Si mon vaisseau, déjà prêt à loucher les bords,
Vers le but désiré ne tournait sans efforts,
Poète des jardins, je chanterais peut-être
l.a culture des fleurs et la rose champêtre.
Je décrirais l’acanthe arrondie en berceaux,
L’endive, se gonflant du suc des clairs ruisseaux,
Le myrte, amant des eaux qu’il couvre de son ombre.
Les contours tortueux de l’énorme concombre,
Le narcisse tardif, le persil frais et vert.
Et le lierre rampant dont le chêne est couvert.

Aux plaines du galèze, où, noire et sablonneuse,
Roule en des champs dorés son onde Umoneuse,
Sous les tours d’CEbalie, il fut, je m’en souviens,
Un paisible vieillard, riche de peu de biens.
C’était un lieu désert, aride pâturage,
Funeste aux jeunes ceps, rebelle au labourage.
Le vieux sage semait, dans ces prés buissonneux,
Des légumes, parmi les chardons épineux.
Et croyait, cultivant le lis et la verveine,
Être l’égal des rois dans son humble domaine.
Le soir, à son retour, il goûtait sans ennui
Des mets simples et purs, qu’il ne devait qu’à lui.