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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/225

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ÉPITRE AUX SAINT-SIMONIENS 209

Le temps fuit, les siècles s’écoulent ;

On voit sur un peuple au tombeau

S’élever uu peuple nouveau ;

Au bruit des trônes qui s’écroulent.

L’avenir qui semblait lointain

Grandit tout à coup, nous éveille,

Et fait du rêve de la veille


La vérité du lendemain.

Plein de force et de confiance,

Embellissons notre avenir

Du prestige de l’espérance,

De la fierté du souvenir.

Bravons le fort qui nous opprime,

Que nos jours aux pâles rayons

S’éclairent d’un passé sublime. . .

Attendons, amis, et veillons.



EPITRE AUX SAINT-SIMONIENS

                                               FRAGMENT 

Je l’ai connu, cet homme à la parole ardente ;

Deux ans, j’ai recueilli de sa bouche éloquente

Ses leçons et sa foi.

Vous n’avez rien de lui, présomptueux sectaires.

Qui prêtez à son nom vos gothiques mystères ;

Vous mentez à sa loi.


Il voulait appeler à régir la patrie

La science, les arts, la féconde industrie.

Source de tous bienfaits :

Mais s’offrir en prophète à la foule soumise.

Et placer dans ses mains la verge de Moïse,

Le voulut-il ? Jamais !