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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/224

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208                                     HALÉVY (LÉON) 


A LA PATRIE

                              IMITATION DE THOMAS MOORE 


Tant qu’un reste de sang coulera dans mes veines,

Je veux le réservera la Patrie en pleurs,

Plus belle dans l’orage, et plus chère en ses peines

Qu’un sol de liberté, de soleil et de fleurs.


Oh ! si je te voyais grande, libre, puissante,

Du fond de ton cercueil soudain te ranimer,

Je pourrais te chanter d’une voix plus brillante,

Mais d’un cœur plus ardent je ne saurais t’aimer.


Non ! je chéris en toi tes douleurs, tes injures ;

Ta chaîne t’embellit aux yeux de tes enfants ;

Je bois avec amour le sang de tes blessures.

Je le bois à ta gloire, à la mort des tyrans.




L’ESPOIR


     IMITÉ DE KOLLAR POETE NATI0NAL DE LA BOHEME 



Si près de nous dort notre amie,

Si dans ses regards abattus

Pour un instant s’éteint la vie,

Devons-nous dire : Elle n’est plus ?

Puis, tout se renouvelle au monde :

Cette terre aux tristes sillons,

Le soleil la rendra féconde :

Attendons, amis, et veillons!