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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/212

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196 GUÉRIN (MAURICE DE).


La nature faronne avec sa belle main,

Et qui chantent après, dans leur joie infinie,

Des actions de grâce et l’hymne de la vie ! »

— Je m’écriais ainsi de bonheur radieux,

Et mes regards ardents attachés sur les cieux.

Quand je les rabattis, je ne vis dans les plaines

Que des buissons épars et l’ombre des grands chênes.

Et les calmes rayons du croissant argentin

Me venaient d’un limpide et sauvage lointain,

Et noire monde allait, dans sa couche moelleuse,

S’endormant sous les veux de sa belle veilleuse.



LA ROCHE D’ONELLE



Les siècles ont creusé dans la grotte vieillie

Des creux où vont dormir des gouttes d’eau de pluie ;

Et l’oiseau voyageur qui s’y pose le soir

Plonge son bec avide en ce pur réservoir.

Ici, je viens pleurer sur la roche d’Onelle

De mon premier amour l' illusion cruelle ;

ici, mon cœur souffrant en pleurs vient s’épancher...

Mes pleurs vont s’amasser dans le creux du rocher...

Si vous passez ici, colombes passagères,

Gardez-vous de ces eaux : les larmes sont amères.