Ouvrir le menu principal

Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/189

Cette page n’a pas encore été corrigée
173
LA PIE DE LA PRISON.


C’est alors qu’on trouve parmi ses travaux : Théorie des forces tournant sur leur point cV application aux corps d’ailleurs libres dons l’espace ; Prapi-irté du segment ou Triijononiétrie mixtiligne ; Parallélipipède liquide, etc.

Un jour du mois do mai I8()5, M. Josepli Bertrand déposant sur le bureau de l’Académie des sciences la solution d’un problème des plus ardus : La (jénéralisation de la série des sifius en fonction de /^arc, ajouta, à la grande stupeur du docte corps, que cette solution était.. de M. Gavarni ! Quand on lui parle de ses chefs-d’œuvres passes, écrivit à ce propos le chroniqueur d’un journal, il répond logarithmes. Et il fait des communications à l’Académie des sciences ! des communications sur les fo7ictions de l’arc ! nous aimions mieux les flèches. »

Ce fut le dernier succès… mathématique de Gavarni. Il mourut le 2î novembre ISCG.


LA PIE DE LA PRISON


Du grain qu’ils ont semé laissez la fleur cclore ;
Allez, Margot, la loi leur a permis des fleurs.
Eh quoi ! méchant oiseau, vous revenez encore
De ce triste jardin becqueter les primeurs.

N’en privez pas, au moins, leurs jours que rien n’abrège ;
Les ans laissent ici de bien longues saisons,
Margot ! et de l’hiver ils n’ont eu que la neige ;
N’allez pas du printemps leur ôter les bourgeons ;

Et qu’au moins du soleil un bouquet les console ;
Demain, le savez-vous, ils attendraient en vain
Ce printemps qu’aujourd’hui votre audace leur vole.
Margot ! les prisonniers vous donnent de leur pain.

Comme cet oiseau noir il est une pensée
Qu’ici le malheureux apporte avec ses jours,
Qu’il nourrit en son âme, et qui, toujours chassée,
Dés qu’il voudrait sourire, hélas ! revient toujours.