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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/130

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114 DESCHAMPS (ÉMILE). veillant. Une place qu’il avait aux Finances le retenait presque tout le jour. A peine chez lui, il y était pris par ces causeries où il faisait merveille, par mille demandes de conseils et de leçons poétiques, et par les mendicités d’album, les pires de toutes. Le soir le monde lui dérobait ses dernières heures. Quand, ayant obtenu sa retraite, il prit le parti de se réfugier h Versailles, il était, pour revenir sérieusement au travail, trop vieux et trop souffrant. C’est là qu’il est mort, brisé par nos malheurs, en avril 1871. Il avait espéré, et tout le monde lettré avec lui, que l’Académie lui rendrait justice en l’accueillant. Elle fit la sourde oreille. Il s’en vengea par ce joli quatrain renouvelé d’un mot de l’abbé de Voisenon : J’aime mieux — ce n’est faux-fuyant subtil — Qu’on dise de moi, d’une voir amie : Pourquoi n’est-il pas de l’Académie 7 Que si l’on disait : Comment en est-il ?

PREMIÈRE PAGE D’UN ALBUM

    A MON AMI AUGUSTE BRESSIER 

Sur cet album tout fraternel Vous m’honorez du premier chiffre ! J’accepte ce rang solennel : Au fait le tambour et le fifre Ont le pas sur le colonel ; Chantres et bedeaux en campagne Marchent en tète des prélats ; Et le gros vin, dans nos galas, Circule avant les vins d’Espagne ; Tous nos Muséum ont grand soin D’abandonner leurs vestibules Au pinceau faible, aux toiles nulles. Et les Raphaëls sont plus loin : Tout suit la loi de l’Évangile Où les premiers sont les derniers ;