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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/13

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PRÉFACE


On pourrait dire de l’ère poétique, dont les œuvres se déroulèrent avec tant de retentissement et d’éclat de 1825 à 1840, ce que Tacite disait d’une période, égale en longueur, pendant laquelle s’étaient passés, en son temps, les événements les plus considérables : quinze années peuvent tenir une large place dans un siècle, Quindecim anni grande ævi spatium.

À quelle époque, en effet, a-t-on pareil essor, éveil plus subit et plus éclairé, mouvement d’idées plus ardent, plus unanime, lutte d’un plus vif et plus sincère entraînement contre les vieilleries routinières, rénovation plus complète dans les choses de l’esprit, refondues toutes, et remaniées sur une base plus fière, avec une forme de la plus rayonnante hardiesse ?

Sous cette forme peu à peu conquise, près de laquelle l’ancienne, qu’on délaissait, ne paraissait plus être que lambeaux et haillons, quel infatigable vol, même dans le ciel des autres — celui de Shakes-