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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/124

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^08 DESBORDES-VALMORE (M’°* MAUCELLNE).

Madame Desbordes movirut en 1859, à quatre-vingt-deux ans, veuve depuis lonjçtemps déjà de l’acteur Valmore, qui avait joué la tragédie au Théâtre-Français, puis plus longtemps à Lyon, et qu’elle avait épousé en 1817.

L’OREILLER D’UN ENFANT

Cher petit oreiller ! doux et chaud sous ma tête,

Plein de plume choisie ; et blanc ! et fait pour moi !

Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,

Cher petit oreiller ! que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants pauvres et nus, sans mère,

Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;

Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !

Maman ! douce maman ! cela me fait gémir.

Et quand j’ai prié Dieu pour tous ces petits anges,

Qui n’ont pas d’oreiller, moi, j’embrasse le mien ;

Et seule, en mon doux nid qu’à tes pieds tu m’arranges,

Je te bénis, ma mère, et je touche le tien.

Je ne m’éveillerai qu’à la lueur première

De l’aube. Au rideau bleu c’est si gai de la voir !

Je vais dire tout bas ma plus tendre prière :

Donne encore un baiser, douce maman, bonsoir !

PRIERE

Dieu des enfants, le cœur d’une petite fille,

Plein de prière, écoute ! est ici sous mes mains.

Hélas ! on m’a parlé d’orphelins sans famille !

Dans l’avenir, mon Dieu ! ne fais plus d’orphelins !

Laisse descendre un soir un ange qui pardonne,

Pour répondre à des voix que l’on entend gémir.