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lors de l’ouverture de deux nouvelles écoles gratuites confiées aux Frères, en 1698, rue Saint-Placide et, en 1699, « sur les Fossés-de-Monsieur-le-Prince », près de la porte Saint-Michel. Il ne fallut rien moins que l’intervention de Mme de Maintenon pour que le Parlement prît en main la cause du curé : « Comme vous êtes le protecteur des bonnes œuvres, écrivait-elle le 3 juillet 1690 au président de Harlay[1], aussi bien que le chef du Parlement, je ne crains pas de vous faire une recommandation en faveur des écoles charitables de Saint-Sulpice. Il n’y en eut jamais de plus utiles ni de plus désintéressées. Cependant, les maîtres d’écoles les troublent quelquefois, et quoique jusqu’ici ils aient perdu tous les procès qu’ils ont intentés, ils y reviendront souvent. Je vous conjure. Monsieur, de procurer à cet égard le repos de M. le curé de Saint-Sulpice, qui ne désire de ces écoles que pour servir Dieu. »

Mais en 1704[2], à la suite d’un nouveau procès, le supérieur des Frères, J.-B. de la Salle, fut condamné. Bien plus, en conséquence de l’arrêt du Parlement du 5 février 1706, les écoles des Frères furent fermées ; ils ne furent rappelés qu’à la condition de recevoir seulement des indigents, suivant la formule déjà adoptée lors des procès avec le grand chantre : « N’empêche point au surplus ledit sieur Larcher [syndic des maîtres écrivains] que ledit sieur curé de Saint-Sulpice prenne des personnes pour enseigner à écrire aux pauvres de la paroisse et sera tenu de faire faire un état des noms desdits pauvres enfants qu’ils enseigneront, pour être mis en mains de M. le lieutenant de police et communiqué au syndic desdits maîtres écrivains, lesquels particuliers ne pourront admettre aux écoles que pauvres enfants et non autres »[3].

    Paris, 1905, in-4°, p. 453. Ils possédaient à Paris 140 pensions. Ils avaient déjà eu des démêlés avec le chantre en 1691, car ils ne reconnaissaient pas le droit aux maîtres des petites écoles d’enseigner la grammaire et l’arithmétique. Ils modifièrent leurs statuts en 1727.

  1. Correspondance administrative du règne de Louis XIV, t. IV, p. 180.
  2. Annales de l’institut des Frères des Écoles chrétiennes. Paris, 1883, 2 vol. in-8°, t. I, p. 161 (voir les sentences du lieutenant de police des 20 février, 11 juillet, 29 août 1704).
  3. À cette époque, les Frères des Écoles chrétiennes n’avaient pas encore obtenu de lettres patentes, et à l’occasion de leurs procès le procureur général du Parlement adressa au roi un mémoire sur les maisons religieuses non pourvues de lettres patentes. Le comte de Pontchartrain, sans