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Les fondations des écoles. — Origine du mouvement.
Difficultés et procès. — Locaux.

Que les enfants des pauvres aient reçu l’instruction avant la création des écoles de charité, cela n’est pas douteux, ni mis en discussion. On les recevait à titre gratuit dans les petites écoles payantes. Cette admission était recommandée par les statuts synodaux de tous les diocèses. Mais ce qui nous occupe, c’est un fait nouveau, c’est la création d’écoles spéciales gratuites pour les enfants de la classe indigente. Elle s’est faite grâce à des fondations pieuses, sous l’influence d’un mouvement social dont il nous appartient de rechercher l’origine. Il s’agit d’une œuvre de charité privée, que l’on peut rattacher à diverses influences dominantes. Nous en distinguerons trois principales : celle de Vincent de Paul et du groupe de dames de charité qui l’entourent ; celle de la Compagnie du Saint-Sacrement, à laquelle on peut associer Olier et Bourdoise, fondateurs des séminaires ; celle enfin des Jansénistes.

Paris, qui d’habitude donne l’exemple aux provinces, paraît avoir été précédé dans ces créations, car dès 1527 on signale, à Lille, des écoles gratuites sous la direction des échevins[1] ; en 1555, à Rouen, des écoles charitables pour garçons et filles[2] ; à Toulouse, des écoles pour les filles pauvres, ouvertes par les sœurs de Notre-Dame, établies en 1607 par Mme de Lestonnac[3], et, sans doute, pourrait-on relever maints autres exemples. Mais, à Paris, le mouvement prit, dès le début, une extension remarquable, grâce à la fondation des Charités paroissiales, qui mirent dans leur programme l’œuvre des écoles au même titre que le bouillon des malades, la layette des enfants et la visite des hôpitaux.

L’histoire de ces Charités[4] est suffisamment connue aujour-

  1. Houdoy, l’Instruction primaire et obligatoire depuis le XVIe siècle. Lille, 1873, in-4°, p. 1, 6, 10, 11, 12.
  2. Ch. de Beaurepaire, Recherches sur l’instruction publique dans le diocèse de Rouen avant 1789. Évreux, 1872, 3 vol. in-8°, t. II, p. 289, 290.
  3. La Vie de la vénérable Mère Jeanne de Lestonnac, fondatrice de l’ordre des religieuses de Notre-Dame de Toulouse. Chez P. Robert, 1742, in-18. Voir aussi Lettres inédites de Mme de Mondonville, fondatrice de l’Institut de l’Enfance (1655-1697). Paris, 1911.
  4. Em. Brunet, la Charité paroissiale à Paris au XVIIe siècle. Caen,