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Page:Fons - Sully Prudhomme, 1907.djvu/46

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De M. Jules Lemaître :

L’imagination de M. Sully Prudhomme est des plus belles, et, sous ses formes brèves, des plus puissantes qu’on ait vues. S’il est vrai qu’une des facultés qui font les grands Poètes, c’est de saisir entre le monde matériel et le monde moral beaucoup plus de rapports et de plus inattendus que ne le fait le commun des hommes, M. Sully Prudhomme est au premier rang. Près de la moitié des sonnets des Epreuves (on peut compter) s_ont o^îmagês", des__métaphores sobrement développées et toutes surprenantes de justesse ou de grâce ou de grandeur. Ses autr —s recueils ofFrent le même genre de richesse. J’ose dire que, parmi nos poètes, il est avec Victor Hugo, dans un goût très différent, le plus grand trouveur de symboles.

(Les Contemporains, Ire série.)

De M. Ferdinand Brunetière :

Grâce à la sensibilité, personne, je le crois, n’est descendu plus avant que lui

Dans le fond désolé du gouffre intérieur.

Venant après Musset, mais combien plus noble et de quelle autre qualité d’âme, plus sincère et moins affecté par conséquent que Sainte-Beuve, il a donn é à la_p oésie personnelle et_mu_më je ne sais quel ac cent n ouveau plus pénétrant, plus discret et cependant plus douloureux.

(Evolution de la Poésie lyrique en France au XIXe siècle, Tome II.)