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Page:Flaubert - Par les champs et par les grèves.djvu/38

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mier) il y avait une cheminée, anneau au plafond, inscriptions de prisonniers, chapelets, saints ciboires. — Partout au milieu des ruines, des lilas en fleur, de l’herbe. — Dans la chambre où Jeanne d’Arc a été reçue, des narcisses en fleur et des églantiers penchés les uns sur les autres. — A la tour qui sert d’entrée on voit la coulisse de la herse. — Partout à Chinon je cherche le souvenir de Rabelais et je ne trouve rien ; Rabelais au reste est-il un génie local ?

De Chinon à Fontevrault, route charmante avec des sinuosités entre la verdure ; ce sont de grands arbres à large touffe. La nuit nous prit avant.

Fontevrault, enfoncé un peu comme Jumièges, sans que l’on voie grande colline autour de l’abbaye. — Ce qu’il y a de plus curieux, c’est l’église dont l’abside (extérieure) est d’un beau roman avec des rotondes attenantes. — Salle capitulaire d’un gothique primitif ; cloître, gothique comme celui de Saint-Wandrille. — Directeur en robe de chambre bleue dans son cabinet, bègue, pointu, grand ignorantin. — Prisonniers au réfectoire, à la promenade, un à un, en silence forcé, à la queue du loup. — Pauvre Robert d’Arbrissel, âme d’amour, te doutais-tu de ces choses honteuses ? — Gendarmes, troupiers d’Afrique.

De Fontevrault à Saumur. — Par le soleil qui chauffait les roches couvertes de verdure ; singulier pays pour sa douceur. — L’Anjou me semble une espèce de Normandie.

Saumur. — Officiers de cavalerie en costume de cheval. — Église. — Petites rues mal pavées, tortueuses avec des fleurs aux fenêtres. — Église Notre-Dame, rotonde. — Panthéon d’Agrippa. A gauche en entrant, sous une roche artificielle sombre et profonde, une femme en robe blanche, à manches à gigot, avec deux mèches de cheveux noirs, une qui pend à côté, l’autre qui passe sur sa taille, elle