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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/58

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l’été les harabas chargés de femmes, il n’y avait personne, les feuilles jaunies des platanes tombaient à terre. — Douceur des jours d’hiver, quand le froid se repose. — Nous longeons quelque temps le bord de la petite rivière, puis Eyub, mosquée au milieu d’un cimetière planté comme un jardin, plusieurs tombes dorées. — Quartier du coin jaune, Sari-eivah ; interminable Balata, sale, noir honteux. Aussitôt qu’on entre dans le Phanar, la rue devient plus propre, maisons à mâchicoulis, aspect boutonné et sévère. Nous passons le pont de Mahmoud et rentrons par le petit champ.

Jeudi. — Promenade aux environs de Scutari. Nous montons la grande rue, nous passons au milieu du grand champ, des soldats allaient sous les cyprès et sur les tombes se livrer à l’amour avec une fille. — Beau jour d’hiver. Nous laissons aller nos chevaux dans la campagne ; çà et là un carré de terre labouré, deux ou trois tentes noires, à l’horizon le Gigant. —Un vallon vert ; au fond, un carrosse doré qui passe tout seul, un cimetière juif, tombes à plat. Nous retombons au bord du Bosphore.

Vendredi. — Avec Stéphany, aux Eaux douces d’Asie. — Le Sultan passe devant nous pour se rendre à Scutari. — Le vent vient de la mer Noire, beaucoup de navires, les voiles blanches toutes déployées. — À Orta-Reuil ou Arnaut-Reuil, il y a un cimetière juste au bord de l’eau ; des pêcheurs étaient là avec leurs barques ; grands filets qui séchaient accrochés aux cyprès, tendus en long ; cela faisait draperie avec de grands plis, occasionnés par les câbles du filet ; le soleil derrière,