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s’ouvre, une grande ligne blanche, c’est la mer. Nous marchons sur les restes d’une ancienne petite voie. — Trois ponts. — Les bouquets d’arbres entremêlés de broussailles vous fouettent la figure en passant ; au bout de la voie, au pied de la montagne, quelques bâtisses.

IOVADA. — Un grand khan en bois, qui, de loin, avec son toit en planches, a des tournures de chalet. Avant d’y arriver, tout près de lui, une citerne ronde comme le dôme d’un santon ; nous n’y trouvons personne, tout est désert, nous ne voyons que des négresses. Stéphany nous installe dans une chambre vide. — Estrade aux deux bouts de la galerie. — Derrière le khan, du côté de la mer, un grand arbre. — Dans la cuisine, Stéphany se fait aider un peu par deux négresses, toutes affreuses, l’une brèche-dent avec un petit garçon très gentil qui a peur de moi ; dans la cour, grands bâtiments bas à un seul étage, pour les chameaux et les chevaux. C’est bien là la halte des longs voyages, le lieu où l’on arrive en pelisse avec des marchandises lointaines. Le soir, avant de dîner, nous avons, à la porte, regardé la vue et fumé sur une des estrades de la galerie côté Nord, celle qui regarde la montagne ; un nègre nous a fait signe de ne pas trop nous avancer au bord, que le bois était pourri.

Mercredi 16. — Moins belle journée qu’hier. Partis à 7 heures du matin (levés à 6 heures), il était trop tard pour aller, comme on nous l’avait proposé, chasser les sangliers, dont il y a grand nombre dans les environs du lac de Cos ; nous ne nous sommes pas levés à 4 heures du matin, comme il l’eût fallu. Pour gravir la montagne, il faut