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rocher comme le piédestal d’un colosse disparu. — Un quart de lieue après, on descend, plateau, et le lit du torrent desséché que nous avions à droite tombe dans le chemin que nous allons suivre. Nous entrons dans Kellad, il y a des lions. Le plateau n’est pas plat, il en a l’air de loin. — Oliviers sauvages, puis une lande ; nous tournons à droite pour aller à Dougga. Montagne en forme de tombeau, un peu sur la gauche ; on monte rapidement, champs d’oliviers à gauche. Nous arrivons dans le village, chiens qui gueulent. — Inscription sur un mur d’habitation. — Scheik. —Temple : quatre colonnes à chapiteaux corinthiens et cannelés ; dans le tympan, un fragment de statue (une aile et un bras) ; l’attique supportée par des modillons ; au-dessous, astragales, œufs et ruban, cela me semble dans le goût de Baalbek. Deux colonnes latérales seulement ; au fond, l’opisthodome est encore très visible. Sur le côté Ouest de la vallée, trois masses de ruines ou de rochers ; une autre dans la vallée, qui est très verte à cause des orges, blanche par places. Les montagnes, des deux côtés, sont moins chenues, nous sommes très haut.

En face et regardant la façade du temple (un peu à gauche), deux mamelons, puis le fond.

Dîner au couscoussou. Gassen me demande, de la part des Arabes, si je connais des femmes « d’une autre jambe » (empuse ! ) ; il y en a une dans le pays. Je suis ici dans la patrie d’Apulée.

Nuit sur la terrasse, clair de lune, chiens ; le fronton du temple, les maisons blanches, la plaine bleue et perdue dans la brume.

Lundi. — Départ à 6 heures. On descend et on