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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/207

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Platon. — Une des plus belles choses antiques que l’on puisse voir, le bronze a pris des couleurs veinées de marbre vert foncé. La tête, infléchissant le menton sur la poitrine, est coiffée d’un bandeau qui retient sur le front les cheveux peignés. Admirable travail des cheveux, il semble que le peigne vienne d’y passer ; les cheveux sortent du bandeau, se divisent en deux et repassent par-dessus, où leur bout faisant un peu coque ovale ou bourrelet sur les oreilles, est réuni par lui ; pour faire transition entre ce rouleau et le commencement de la barbe, qui prend assez bas, frisée largement sur les pommettes, puis peignée, et se terminant par le bas en rares petits tirebouchons, il y a entre la barbe et ce rouleau, au-dessous de lui et s’en échappant, de petits anneaux de cheveux tordus (creusés à jour). Le col très fort, surtout de profil. Expression sérieuse et mâle, beauté, idéalité, puissance, et quelque chose de tellement sérieux qu’il y a un peu de tristesse. La sérénité, cachet du divin antique, absente.

Bérénice. — Les cheveux sont tirés vers le haut et montés (pour agrandir la ligne du front et du nez) comme à la chinoise ; une double couronne de cheveux tressés sur le sommet de la tête, point de chignon ; les tempes et le front son également découverts par cette chevelure remontée. Visage ovale, menton carré, très grands yeux, grande distance de l’angle interne de l’œil au méplat du nez, qui est tout droit. La ligne droite du front et du nez est plutôt même convexe à l’entre-deux des sourcils, le front est très charnu. Le bord extérieur de chaque lèvre fort marqué par la ligne