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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/203

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a cuisse gauche et le poignet de cette main tombant libre naturellement, tandis que fa droite s’appuie sur le rocher ; la jambe droite, le bout du pied levé, a le talon par terre. Les ailes (chaussure talonnière) sont attachées par une courroie qui passe sous la plante du pied et se rattache sur le coup-de-pied. Dos charmant et très étudié. Extérieurement la cuisse gauche de profil est vilaine, toute droite comme une poutre et dure ; même observation pour la main droite, celle qui est appuyée sur le rocher. La jambe droite, celle qui est en avant, un peu trop incurvée en dehors et rococo. Ensemble mouvementé et plaisant. Rien de plus charmant que cette chaussure ; comme les ailes, partie postiche des pieds et qu’on sait n’en pas faire partie, ajoutent de mouvement et de légèreté ! Supériorité sur les ailes des anges, appendice choquant, qui a toujours l’air d’une monstruosité et qui ne se prête jamais à l’expression gesticulative des autres membres.

Faune ivre. — Le bras appuyé sur une outre, porté sur la partie gauche du corps, appuyant son bras gauche sur une outre à demi pleine et qui est sur un rocher recouvert d’une peau de bête féroce, il lève en l’air son bras droit et son pied droit. La main (droite), le médium sur le pouce, l’index en l’air, l’annulaire et le petit doigt fermés, il claque des doigts comme pour chanter ou danser ; sa bouche, où les dents du côté droit manquent (je ne crois pas que ce soit une cassure, mais plutôt intentionnel), rit et montre ses dents supérieures. Dans sa chevelure en mèches hérissées (assez mal faites), petites grappes de raisin, deux petites cornes naissantes et qui semblent faire pendant