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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/168

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Nous cheminons au pas dans la direction de la mer, l’Alphée serpente (réellement) dans la plaine, qui est au niveau de ses rives.

PYRGOS est derrière une éminence qui est à notre droite ; nous la montons et la descendons, nous avons alors la mer à notre gauche et Pyrgos en face sur une hauteur étalée.

François n’a plus tant de rhume, il re-blague.

Entré à Pyrgos à 3 heures. Longue rue, pleine de boutiques noires, de marchands de clous, de cordes et de cuirs ; devant les boutiques, des deux côtés de la rue, galerie couverte à piliers de bois. Le Turc pèse encore là, comme couleur, mais sous le rapport du confortable, ça ne le vaut pas ; il nous a été impossible de nous procurer un mangal.

Pyrgos, 7 heures du soir.

Mercredi 5 février. — La journée, courte et peu fatigante (six heures de marche), n’a eu qu’un épisode, mais qui fut charmant, à savoir le passage du Jardanus, rivière située à une heure et demie de Pyrgos environ. Toute la nuit une pluie torrentielle avait sonné sur les tuiles de notre logis et dégouttait à travers elles, sur nos têtes ; nous sommes néanmoins partis à la grâce de Dieu, à 10 heures du matin. Le temps se décrasse un peu et je retire de dessus mon dos mon affreuse couverture pliée en double et qui me pèse horriblement, nous marchons dans la plaine nue, sous le ciel gris, par un temps doux.

Passage du Jardanus. — François s’avance le premier, bientôt son cheval perd pied et va à la dérive ; Maxime et moi passons côte à côte ; son cheval,