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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/154

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qui lui restent sont roux blond, racornies et frisées par le bout, le bleu du ciel cru passe à travers ce feuillage doré, qui est plus pâle sur sa ligne extrême.

Nous déjeunons sur le bord d’un torrent, auprès d’une fontaine en ruines, nos chevaux sont attachés à de petits chênes grêles, au bord de l’eau.

La route, montant et descendant, monte sensiblement, le makis de chênes nains cesse ; nous avons sur la droite de grandes pentes, grisâtres, stériles, sur lesquelles, de place en place comme un jalon, un chêne tout seul : ce n’est plus la charmante et gracieuse végétation de ce matin, avec ses arbrisseaux au bord de l’eau. La montagne des deux côtés a cessé, nous sommes à son niveau, ou plutôt elle a disparu pour nous ; la vue est restreinte par des bois, ce sont toujours des chênes ; ils ont leurs troncs biscornus, leurs branches tordues, quelques-unes à moitié calcinées par le bas.

Nous arrivons sur une hauteur d’où l’œil plonge dans une grande vallée (vallée de Mégalopolis) ; la plaine, couverte de bois, est d’un ton puce, les montagnes derrière elle, à droite, gris bleu, avec de grandes plaques de renforcements bleus, comme peintes par-dessous, exprès. Mégalopolis est au milieu et, d’où nous sommes, semble plutôt un peu au pied de la montagne.

Nous nous détournons trois pas de notre route pour faire le tour d’une ancienne petite église (Erimoclisi), pierres entourées de briques plates (de champ), construction byzantine. Sur le côté Nord de la petite éminence ou promontoire sur laquelle