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Page:Flaubert - L’Éducation sentimentale éd. Conard.djvu/668

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lycées et toutes les Facultés de France. Cette question fut agitée au moment des discussions sur la liberté de l’enseignement. Plusieurs mandements d’évêques reprochèrent à la philosophie officielle ses tendances rationalistes et panthéistes.

P. 378. Les loups-cerviers de la Bourse. — L’agiotage s’était beaucoup développé après les premiers chemins de fer.

« Ce fut comme un débordement de compagnies nouvelles qui se disputaient les concessions, rivalisaient de promesses dans leurs prospectus, recherchaient, pour en décorer leurs conseils, les ducs et les princes, les notabilités politiques et administratives, ou même les généraux et les amiraux. Bouche béante, le public était prêt à mordre à tous les hameçons. Excité par le spectacle de quelques fortunes rapides, chacun croyait voir là un trésor et se précipitait pour mettre la main dessus. À quelles étranges sollicitations certains fondateurs de sociétés n’étaient-ils pas en butte ! À peine émises ou même avant de l’être, les actions étaient l’objet d’une spéculation effrénée qui tenait les convoitises en haleine. C’était la préoccupation dominante, universelle. Non seulement à la Bourse, mais à la Chambre, dans les journaux, dans les salons, on ne parlait presque pas d’autre chose. La concurrence que se faisaient ces nombreuses sociétés dans la poursuite des concessions les poussaient à offrir des conditions extrêmement onéreuses pour elles…

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« Parfois, du reste, on s’inquiétait moins du chemin de fer à établir que de la prime à réaliser par la plus-value des actions. Certaines sociétés sans base réelle se fondaient, non pour vivre, mais pour vendre leur mort à des concurrents plus solides. Ce n’était même plus de la spéculation, c’était du pur agiotage, avec les désordres et les scandales qui en sont la suite, brusques alternatives de hausse et de baisse, engouements et paniques, fortunes faites et défaites en un instant. Le marché public était livré à des coups de main dont les naïfs et les faibles étaient généralement les victimes. » (Thureau-Dangin, Histoire de la Monarchie de Juillet, t. VI, p. 33 et 34.)

P. 378. La corruption des fonctionnaires. — La corruption des fonctionnaires fut une des accusations favorites de l’opposition contre le gouvernement de Louis-Philippe, surtout à la fin du règne. (Voir, à ce sujet, les notes consacrées au procès Teste-Cubières, au scandale de Rochefort, etc.)

P. 379. Le procès Teste-Cubières. — Teste, président de chambre à la Cour de cassation et grand officier de la Légion d’honneur, fut poursuivi sous l’inculpation d’avoir, étant Ministre des travaux publics, en 1842, reçu 100,000 francs pour accorder une con-