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— Les Chaumes où habitent Mme Gendel et sa fille, est-ce loin ?

— Oh ! que non… Vous suivez cette sente à main droite, le p’tiot boë ed’ sapins, le p’tiot russiau, le p’tiot val où que sont les bouris… Vous verrez une grande maison avec des colonnes, et ce sera là. Les dames y sont, anuy, et pour des dames avenantes, le sont itou.

Un peu perplexe avec de tels renseignements, Robert s’achemina vers le sentier, Dans un pays si découvert, il ne pouvait qu’apercevoir vite la maison indiquée, et il y marcha, le cœur battant.

Il fut bientôt devant la demeure. Tout y était silencieux, mais la chaleur du jour expliquait cette torpeur. L’engourdissement s’étendait général.

— Pourrais-je voir Mme Gendel ? demanda-t-il à une vieille servante qui sortait des communs.

— Mais oui, monsieur.

La femme le précéda dans la maison. Il y faisait frais, les volets ayant été soigneusement fermés.

Robert attendit dans un salon spacieux. Les meubles et les murs lui donnaient une impression de clarté, malgré la pénombre qui régnait.

Des gerbes d’œillets mélangés à des roses dégageaient leurs effluves.

Soudain, une porte résonna et [[Mme}} Gendel parut.

À dire vrai, Robert fut décontenancé par la beauté de cette mère, et il comprit sans peine qu’elle fût coquette, Il devina qu’elle devait être quelque peu païenne autant que sa fille était pieuse.