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tretien, mais il ne dérogea pas à sa manière de faire.

Christiane se trouvait dans un bouleversement violent. Elle pressentait que M. Bartale ne céderait pas.

Le regard presque inconscient qu’elle lui avait jeté devenait un remords pour elle, et elle prévoyait aussi qu’il deviendrait une arme pour lui.

Il aurait fallu qu’elle se montrât, dure, mais prise à l’improviste, son sang-froid l’avait abandonnée.

Que tenter pour décourager ce prétendant ? Elle réfléchit longuement et prit une résolution grave. Elle se rendit chez son notaire et, par un acte que le tabellion critiqua hautement, en une véhémence indignée, elle donna la totalité de sa fortune aux œuvres qu’elle patronnait, se réservant seulement une mince rente…

Ce sacrifice visait un double but : Christiane pensait que cette fortune secourrait quelques malheureux privés du nécessaire. Puis, elle espérait que ce procédé éloignerait Robert.

Il goûtait, son élégance, or, l’élégance est coûteuse.

Elle savait qu’un fiancé futur n’est jamais insensible à la perte de pareils revenus. C’est une auréole qui sertit la beauté.

Elle se sentit plus forte. Quand elle dirait la vérité au jeune homme, il ne pourrait qu’être surpris, ou par la pénurie d’argent inattendue, ou