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purent que voiler à demi la flamme de ses prunelles, et elle, écouta, extasiée, le chant immortel.

Robert Bartale nota ce revirement et il poursuivit avec plus de ferveur :

— Tout me séduit en vous, votre beauté, votre élégance, votre bonté aussi que l’on mie dit si grande… Nous serons heureux, je le crois. Vous avez mes goûts et j’aime votre manière de juger… Nous ferons ces voyages dont nous parlions… vous qui cherchez le bien à faire, soyez moi secourable…

Le bonheur, montait vers la jeune fille et elle, n’avait qu'à le prendre.

Il y eut un silence. Une énergie soudaine remplaça la douceur qui errait sur son joli visage, et le moins durement qu’elle put, Christiane déclara :

— Je suis touchée par votre aveu, mais ma résolution est prise depuis longtemps, bien avant que je vous connaisse… Je ne veux pas me marier…

Robert crut avoir mal entendu et il répéta.

— Vous ne voulez pas vous marier ?

Elle inclina la tête sans le regarder, et il vit à son altitude qu’il avait bien compris.

Comme elle ne donnait pas de raison précise il s’imagina qu’il pouvait insister. L’amour, sans doute, ne l’atteignait pas encore, mais elle se laisserait vaincre par le sien.

Il murmura d’un accent plus persuasif :