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Christiane et le plus fugitif de ses gestes.

Il était orphelin et jusqu’alors, il avait résisté à toutes les tentatives matrimoniales, mais de caractère affectueux, il ambitionnait un intérieur qu’une femme embellirait.

Pendant qu’il donnait de l’essor à son agitation, à ses projets d’avenir, Christiane, tout étourdie, retomba petit à petit dans une réalité qu’elle jugeait affreuse.

Comment introduire Robert Bartale chez sa mère, dans ce milieu plein de fantaisie, blâmé par tout esprit sérieux ? Il lui avait parlé de ses parents à lui, si unis, si calmes, dans leur vie bien réglée ; dans leurs distractions élevées.

Pourrait-elle le convaincre qu’elle était d’une autre essence et qu’elle ne se plaisait à aucune des soirées bruyantes que sa mère multipliait ? Pourrait-elle le persuader qu’elle stigmatisait la conduite des jeunes femmes et des jeunes filles ultra-modernes qui exagéraient leur décolleté, leurs cocktails, le nombre de leurs cigarettes et leur argot ?

Le scrupule de Christiane s’égarait. Une honte la fit vaciller. Jamais, elle n’accepterait qu’un homme connût par elle toute cette légèreté.

Elle était trop fière pour supporter qu’on pût l’assimiler aux habitués qui fréquentaient le salon de Madame Gendel.

Ah ! que penserait M. Bartale en