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air froid en imposaient. De plus, elle avait de l’expérience et une divination sur la qualité des misères et des premiers secours.

Christiane aimait à la questionner. Elle en vint à la considérer comme une personne rare qui incarnait le dévouement, le désintéressement et une sorte de pouvoir fascinateur.

Peut-être la craignait-elle un peu.

Dévouée au chevet des malades, infatigable dans ses visites aux pauvres, frugale en sa nourriture, de mise sévère, elle allait dans la vie comme une ombre. Elle suscitait l'admiration.

Seule, Mme Fodeur savait quelles peines lui donnaient ces apparences et quel, levain de besoins fermentait en elle. Son mérite consistait à les refouler à l’aide d’une discipline sans cesse stimulée.

Pour sa jeune compagne, elle exagérait sa sévérité envers soi, afin de lui donner un exemple encore plus digne.

Malgré sa tâche nouvelle, Christiane ne pouvait cependant se dérober complètement à ses devoirs mondains.

Il y avait de vieux amis de son père qu’elle ne voulait pas abandonner, et ; en particulier, le ménage Lavique, couple sans enfants.