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alliée, ne revenait pas de son étonnement de la voir mariée à Robert.

— Que s’est-il passé entre ces deux jeunes filles ? répétait-il à sa femme. Peux-tu le deviner ?

— C’est au-dessus de ma compétence… Dans tous les cas, notre Christiane a un chagrin au cœur.

— C’est bien fait ! s’écriait le fougueux M. Lavique… Elle l’a voulu !… Tu te souviens de son air de joie quand elle était fiancée ?… Elle aurait dû s’y maintenir… Ah ! les femmes !…

— Mais, mon ami…

— Il n’y en a qu’une qui soit équilibrée. et c’est toi…

— Merci.

Mais ces conversations n’éclairaient pas le mystère.

Mme Fodeur, sous l’influence du remords, tour à tour violent ou vaincu, venait voir assez souvent Christiane, et celle-ci avait espéré que cette compagnie l’habituerait il ses pensées, mais elle devinait trop de réticences chez cette mère et s’en éloigna.

Il était certain que la veuve n’éprouvait plus qu’une satisfaction : parler du bonheur de sa fille.

La personne chez qui elle se serait épanchée le plus volontiers eut été Christiane, à qui, précisément, elle ne pouvait plus rien dire.

Comment parler des lettres enthousiastes qu’elle recevait de Bertranne sur le voyage en Italie ? Elle avait simplement indiqué le but du parcours et elle avait remarqué une