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sujet délicat, et savait seulement que le mariage se célébrerait dans les premiers jours de juin. La cérémonie devait être tout intime.

Christiane ne songeait pas sans effroi qu’elle devait y assister. Son intention avait été tout d’abord d’y échapper en se séquestrant aux Chaumes, mais elle craignit d’éveiller quelque méfiance et résolut de ne pas se dérober.

Elle eut encore un rude assaut à subir de la part de M. et Mme Lavique, qui vinrent la voir.

Les vieux époux se montraient aussi furieux que confondus de cet événement et leur souriante bonhomie fut complètement mise de côté pour dire franchement ce qu’ils pensaient à leur jeune amie.

M. Lavique arpentait le salon de Christiane, criant ;

« C’est idiot ! c’est idiot ! » tandis que Mme Lavique contemplait la jeune fille en essayant de pénétrer la cause de sa conduite.

— Ce revirement de Bartale me stupéfie ! lançait M. Lavique, de temps à autre.

Christiane alléguait, pour sa défense, que le mariage avec sa dépendance ne lui plaisait pas, et que de plus Robert Bartale avait manqué de correction vis-à-vis d’elle à propos de sa mère.

À quoi M. Lavique avait protesté :

— Et la miséricorde évangélique, qu’en fais-tu ?

Christiane avait ployé la nuque. Elle ne pouvait expliquer à personne par quel enchaînement elle se trouvait réduite au présent. Sa manière