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coup, bien que l’argent fût fantasque.

Sa famille ayant connu une large aisance, elle regrettait le luxe d’un personnel stylé et les raffinements d’un intérieur. La modeste servante qu’elle employait lui causait toujours une impression de malaise parce qu’elle lui rappelait sa médiocrité.

Elle pensait que bien des chagrins sont aplanis par la prospérité et ne doutait pas que les pleurs de Christiane étaient de ceux qui se devaient consoler. Non pas que sa nature fût foncièrement dure, mais elle s’était glacée de par son chagrin maternel et aigrie par la perte d’une grosse fortune.

Quels étaient les événements qui pouvaient se mesurer avec ceux dont elle pâtissait ?

Sa fille, jolie aussi, travaillait pour son avenir et poursuivait avec acharnement ses études de médecine, Elle ambitionnait l’aisance ; honnête, elle voulait l’acquérir par des moyens nets.

Elle n’était pas une arriviste avec un cœur sceptique, mais une laborieuse qui se disait pour s’encourager : « Quand j’aurai mon pain assuré par mes diplômes, je trouverai le mari que j’aimerai… d’ici là… ne pensons qu’à l’étude ».

Ainsi les deux amies, pour des raisons différentes, s’interdisaient d’aimer. Mais ce qui était définitif