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sions pour des personnes discourtoises.

— Ne vous avancez pas, mon frère, ces sortes de relations ne m’agréent guère.

— Jusqu’ici je me suis conduit avec assez de discernement et j’espère ne pas encourir votre blâme, prononça avec la plus exquise politesse le marquis de Saint-Armel.

Éléonore de Saint-Armel opposa un silence digne à cette petite pointe.

Le lendemain, le gentilhomme chercha le gite d’Émile Gatolat.

Il le découvrit rapidement, parce qu’il dirigea ses pas vers l’hôtel de son régisseur. Il ne révéla pas tout de suite le motif qui l’amenait. Il parla de ses immeubles, remercia, comme il savait le faire, M. Barolle de sa bonne gérance et le complimenta sur la tenue de son établissement. Il allait enfin parler du but de sa visite quand un jeune homme entra.

M. de Saint-Armel ne s'y trompa pas.

Il alla droit à ce personnage qu’il ne connaissait pas, mais qu’il identifia instantanément grâce au portrait qu’Armelle en avait fait et au morceau de taffetas gommé collé sur le pouce droit.

Il se nomma et dit en souriant :

— Monsieur Émile Gatolat, n’est-ce pas ?

Sans répondre, à cause des écouteurs possibles, le jeune homme fit passer le marquis dans un petit salon, et encore un peu oppressé par l’émotion, il dit :

— Vous êtes très aimable de vous intéresser à moi… mais je ne suis pas Émile Gatolat. Voici la deuxième fois que je suis pris pour lui et je ne sais pas ce qui me vaut cet honneur… peut-être une vague ressemblance…