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pas vu les yeux de Gontran… Elle ne l’avait pas entendu insister.

La jeune fille était certaine de sa tendresse et elle comprit que cette certitude était une force.

— Si encore, murmura la bonne demoiselle. il était de bonne noblesse.

— Ah ! ma tante, il m'a tant remerciée de l’avoir choisi comme il est.

— Mais, tu sais pourquoi nous avons fait ce choix ?

Armelle riposta non sans courage :

— Je vous ai laissé croire qu’il m’était indifférent pour que je puisse continuer à le voir.

— M’aurais-tu abusée à ce point ?

— Je m’en confesse et vous demande bien sincèrement pardon.

— Tu vas être interne dans un couvent !

— Oui, ma tante.

Mlle de Saint-Armel ne pouvant tenir en place, alla trouver son frère pour discuter de ces graves événements.

Elle était animée de la plus violente irritation, mais elle se heurta au pot de fer.

Le marquis, narquois, la laissa se débattre dans une mare d’où il ne la tirait pas.

Il lui dit cependant :

— Notre religion nous engage à trouver nos semblables doués des plus solides qualités. Pourquoi vous acharnes-vous à considérer M. Gontran Solvit comme un pestiféré ?

— Mais je ne l’incrimine pas seul. C’est toute sa race que je critique. Vous êtes l’unique exception, mon frère.

— Pardon, ma sœur, te suis une exception, puisque vous me faites cet honneur, pour ma génération, mais vous accorderez bien une exception pour chaque génération et M.