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sauter sur une mouche, puis elle dit :

— Mon oncle, je vis, en ces jours, en état constant de péché. J’ai appris à ruser et j’ignore comment cette science a pu s’approfondir en moi. Aussitôt que j’ai trouvé M. Gontran Solvit à mon goût, j’ai eu toutes les énergies, même celle de mentir à ma tante.

— Tu es admirable.

— J’aime ce jeune homme, et cependant je voudrais plaire à ma tante et ne pas manquer a la promesse que je lui ai faite.

— C’est compliqué, ma nièce, dit le marquis en souriant.

— Ah ! comme c’est agréable, mon oncle, de causer avec vous ! Vous prenez les choses avec calme et vous ne froncez jamais le sourcil Vous m’êtes indulgent et je vous ouvre mon cœur.

— Alors, tu as la ferme intention de faire souffrir Gontran Solvit ?

— Un tout petit peu seulement, pour satisfaire ma tante.

— Quelle personne rouée !

— J’en suis désolée, mais je n’avais pas d’autre moyen pour introduire ici M. Gontran Solvit,

Il y a un tiers que tu négliges : moi… j’avais deviné ton penchant, le sien…

— C’est vrai ! Oh ! mon oncle, que vous êtes fin ! Ainsi, cela se voyait ?

— Et j’ai facilité cette rencontre.

— Je m’en doutais presque, sans oser y croire… et je vous en remercie ! Que vous êtes bon, mon oncle, et reposant.

— Le plus difficile n’est pas fait.

— Ne nous préoccupons pas de demain. Je suis riche d’espoir… et l’ai un allié.

Armelle, avec sa joie au cœur, devenait philosophe. Elle ne s’inquiétait