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l’accueillit avec son sourire de commerçante.

— Vous avez fait une bonne promenade, monsieur ?

— Excellente, madame. Je suis allé du côté des jardins, quartier que je ne connaissais pas. Il y a des enclos charmants.

— Je crois bien ! Nous avons aussi un petit verger par là… oh ! bien modeste.

— Il y en a de magnifiques… murmura le jeune homme pensivement.

Mme Barolle ne répondit pas. Des clients survenaient et, la bouche en cœur, elle s’empressait vers eux.

En remontant dans sa chambre, le peintre pensait :

« Il est impossible de lui demander des renseignements… et puis, je ne le veux pas.

Il fuma une cigarette dans un fauteuil confortable, mais bientôt, repris par son idée fixe, il s’empara d’une feuille de papier et y traça quelques traits. Le visage de la jeune fille au lévrier vint sous son crayon.

Il voulut se rappeler la teinte de sa robe, mais il ne put y parvenir. Elle ne s’imposait à lui que par sa figure mélancolique, ses yeux violets et ses cheveux blonds et soyeux.

— C’est bizarre, songeait-il, d’avoir la hantise de cette apparition ! Suis-je tombé amoureux ? Est-ce ainsi que l’amour s’annonce ? Le vrai, l’unique ?

Le jeune homme croisa ses bras et réfléchit. Puis, las de cette immobilité, il marcha dans sa chambre d’un pas agité. Mais il lut fallait de l’espace.

« Cela va très mal », mumura-t-il.

Il data son esquisse et l’enferma, puis il redescendit pour recommencer une course quelconque

Dans le bureau de l’hôtel, un vieux