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HISTOIRE DE TOUS LES JOURS. 343 VII. A peine le fossoyeur avait-il nivelé de sa pelle la tombe de Noémie, qu’une affaire urgente me fît partir pour l’étranger. Cette absence dura toute l’année. Dès mon retour, je repris l’excellente habitude que j’avais contractée jadis en compagnie de Paul, d’allu¬ mer la pipe quelquefois chez mon ancien professeur de grec, devenu curé d’un de nos centres les plus populeux. Une de mes premières questions fut de lui deman¬ der ce qu’était devenu mon camarade. — Ah ! mon cher, répondit-il, quelle émouvante histoire que celle de ce cœur si éprouvé et resté si chrétien malgré cela ! Paul n’avait pas achevé de vider sa coupe lors dé la mort de Noémie. Il lui restait la lie ; car, retourné au département pour y reprendre son poste, l’honorable M. Bour, content de poser en homme à principes rigides devant un public qui se plaignait depuis long¬ temps du trop de liberté accordée aux employés, lui fît comprendre qu’un congé pris sans permission de l’autorité n’avait aucune raison de ne pas être illimité.