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HISTOIRE DE TOüS LES JOÜRS. 309 campagne. Je l’en remercie, bien que cela puisse paraître un peu égoïste : ta santé, c’est mon avenir. Papa et maman sont au ciel, et ne cessent de veiller sur nous. Par leurs prières ils ont obtenu que tu continuerais à enseigner aux enfants des familles B*** et G*** ; c’est le pain pour nous, et tu dois être content pour ta petite Noémie. Travaille, sans trop te fatiguer ; aime moi toujours comme je t’aime, et reviens vite à ta sœur qui t’em¬ brasse. Noémie Arnaud. P. S. — A ton retour, si tu ne m’as pas trop oubliée, je te ferai cadeau d’une jolie paire de pan¬ toufles. J’ai économisé la laine sur l’argent que tu me donnais pour mes menus-plaisirs. J’aime mieux te savoir les pieds chauds, que sentir mes poches pleines de bonbons. En remettant cette lettre à Paul le lendemain matin, je ne lui cachai pas que je l’avais lue. C’était une indélicatesse dont je n’avais qu’à me féliciter, puisqu’elle me mettait en mesure de pouvoir peut- être lui devenir utile. Je profitai aussi de l’occasion pour lui expliquer la mission de l’amitié sur terre. Je la lui montrai, toujours attentive et dévouée, veillant soigneusement sur les cœurs blessés par la vie, le Christ auprès de Madeleine, Marie auprès de Jean. Je la lui fis re¬ trouver partout, versant de son urne d’or le baume