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HISTOIRE DE TOUS LES JOURS. 293 que j'avais vu, que les dernières paroles de l'ouvrier sur le bonheur des fils de bourgeois me revinrent à la mémoire. Un livre laissé entr* ouvert sur ma table de nuit par ma mére y répondait admirablement. — N'enviez pas trop le semblant de bonheur qui les entoure ; car leurs richesses ne passent pas dans l'autre monde, si elles n'y sont portées par la main des pauvres. II. — Le congé n'a pas été assez long pour lui donner le temps d'apprendre sa leçon ! Cette boutade, surplombée d'un formidable fronce¬ ment de sourcil accompagné d'une pincée de tabac d'Espagne non moins formidable, était prononcée par notre professeur qui, faisant son entrée en classe, le lendemain matin, venait d'apercevoir la place de Paul, déserte. Malgré le terrible creux de sa voix de basse, c’était à tout prendre, une excellente pâte d'homme que notre professeur. Nature sensible, bonne, susceptible d’affection ; mais cachant avec le soin le plus minutieux ces quali¬ tés prises sincèrement par lui pour d'indignes mou¬ vements de faiblesse, il affectait de temps à autre unç