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HISTOIRE DE TOUS LES JOURS. 289 Ces choses passèrent rapidement devant mes yeux ; car au bruit que fit la porte en tournant sur ses gonds, Paul s’était levé. Puis, comme il était de ceux qui n’aiment pas à être vus en flagrant délit d’indigence, l’état de gêne et de pauvreté où je le surprenais se mit à lui serrer la gorge, et il se prit à rougir. Pour ma part, c’était la première fois que m’ap¬ paraissait le spectre de l’abandon de ce pauvre hon¬ teux ; je ne trouvais plus rien à dire. Paul rompit le premier cet instant de pénible silence. — Enchanté de ta visite, Henri, bien que je regrette de ne pas avoir de siège à t’offrir. Je suis en train de déménager, vois-tu, et pour ces choses, j’aime à prendre mon temps. A mesure que ces mots échappés avec effort tom¬ baient de sa bouche, le pauvre garçon rougissait de plus en plus, effrayé de se voir en face de son premier mensonge. — Mon brave Paul, répliquai-je, pardon de venir inopinément te déranger au milieu de cette délicate opération. Je suis à la recherche d’un marchand qui doit rester en quelque part par ici, et ma foi, le hazard a été assez aimable pour me conduire jusqu’à toi. Le hazard est donc bon à quelque chose, malgré les médisances que l’on ne cesse de débiter sur son compte, fit-il en souriant : seulement, pour cette fois s’il me traite en enfant gâté, il te joue un joli tour