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276 A LA BRUNANTE. Mais son amant passant par là Un bout de lettre lui envoya : — Te souviens-tu ma belle amante, De cet amour qui nous tourmente ? Fais donc la morte, la délaissée, A Saint-Denys, fais-toi porter : Ton père suivra-t-en pleurant Et ton amant ira chantant. En passant au coin du marché Trois cavaliers a rencontré, L’un avait un beau palefroi, Deux étaient écuyers du roi, L’amant prit son épée d’argent Et décousit le suaire blanc ; Puis, il y jette un long soupir ; La bell’ répond par doux sourire. La morale est moderne, et je la lâche telle que Jérôme me Ta donnée i On n’connaît pas les trahisons Entre les filles et les garçons, C’est au curé de les marier Pour qu’on n’en entende plus parler. Que d’amantes délaissées, enlevées, aimées, puis délaissées encore, sont venues comme cela réfugier leurs plaisirs et leurs peines de cœur dans la chanson populaire, cette poésie des pauvres gens. La mémoire de Jérôme fourmillait de ces plaintes, de ces paroles de liesse, de doléances, et probable¬ ment ce soir-là, il en aurait laissé tomber d’autres de