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274 A LA BRUNANT£. de Jérôme Tanguay est plus poétique, à mon avis : elle a un petit cachet de féodalité qui donne la chair de poule, rien qu’à l’entendre chanter. C’est le caractère des filles dans cette contrée. — Le père répond : — “ Ma fille, il faut changer d’amour, Ou vous entrerez dans la tour ” Réplique de la demoiselle : — “ J’aime mieux rester dans la tour, Mon père, que de changer d’amour.” Le père répond : — “ Vite, où sont mes estafiers, Aussi bien que mes gens de pied ? Qu’on mène ma fille à la tour ; Elle n’y verra jamais le jour ! L’auteur de la romance ajoute : — Elle y resta sept années passées, Sans que personne pût la trouver : Au bout de la septième année, Son père vint la visiter. — Bonjour, ma fille !\t comment vous en va ? Ma foi, mon père, ça va bien mal ; J’ai les pieds pourris dans la terre, Et les côtés mangés des vers.” — “ Ma fille, il faut changer d’amour\t Ou vous resterez dans la tour. J’aime mieux rester dans la tour, Mon père, que de changer d’amour !” Il est malheureux de ne pouvoir vous faire entendre les airs — qui sont aussi poétiques que ces vers sont musicalement rythmés. Vieilles légendes.\tGérard DR Nerval.