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264 A LA BRUNANTE. glissa sournoisement Jérôme qui profita d’un moment d’hésitation marquée chez Jean Bart placé inopiné¬ ment devant le lièvre de Bidou. J’étais allé draver dans le haut de la rivière Ma- tane et, par précaution, j’avais bouclé sur mon dos mon vieux fusil. A l’un des détours de la rivière, je me trouve tout-à-coup en face de deux superbes sar¬ celles qui se lissaient coquettement les plumes, à une demi-portée du talus. J’épaule et laisse tomber le chien ; rien ne vint : mon vieil ami s’était décidé à me rater compagnie. Je le prends, l’examine, et m’aperce¬ vant qu’en «route j’avais semé la capsule je ne fais ni un ni deux : je frotte une allumette et l’applique sur le bassinet. Paf ! le coup part ; mais en me donnant une maîtresse tape qui me flanque à l’eau. C’était ce coquin de fusil qui s’était mis en tête de repousser, et je revins sur la berge tant bien que mal avec mes deux sarcelles. A peine avais-je mis pied à terre que je sens un fourmillement extraordinaire dans ce que le bourgeois s’obstine à appeler le poste Ergot. J’y porte la main sans façon et, que retirai-je, mes bons amis ? trois magnifiques truites que j’avais seinées avec mon fond de culottes, car je n’avais pas jugé à propos de faire un brin de toilette pour aller au bois et j’avais passé par hasard un pantalon percé et ventilé à jour, comme un filet. — Cette pêche est vraiment miraculeuse, et je n’ai pas de peine à y croire, ajouta imperturbablement Jean BartJ car entr’autres choses extraordinaires,