Page:Faucher de Saint-Maurice - À la brunante, contes et récits, 1874.djvu/239

Cette page n’a pas encore été corrigée


dodo! l’enfant! 231 évêques, vos prêtres, et tous ceux qui vous gouver¬ nent, afin que vous soyez toujours dans la voie droite, et que vous y persévériez jusqu’au jour où, je l’espère, nous nous rencontrerons tous dans la félicité sans bornes. Elevez vos cœurs ! Priez, pour être tous pénétrés des dons et des lumières du Saint-Esprit, et au jour où, brisés par l’agonie, vous vous tordrez, pleins de terreurs, sur l’oreiller solitaire de la mort, vous vous apercevrez, quoi qu’en disent les beaux-esprits et les libres-penseurs, que la bénédiction de l’humble vicaire du Christ peut encore et pourra toujours jusqu’à la fin des siècles anéantir la puissance du démon et de son cortège immonde. Allez en paix, et soyez donc tous bénis, au nom du Père, au nom du Fils, et au nom du Saint-Esprit. Un silence profond suivait toujours ce récit ; chacun se recueillait et semblait se répéter les dernières paroles du pape. Appuyée dans sa berceuse, grand’mère joignait ses mains sur ses genoux ; alors les rôles paraissaient intervertis, et, la tête inclinée, elle semblait ainsi recevoir de son petit-fils cette bénédiction que Pie IX l’avait chargée de répandre sur tous les siens. Puis sa voix tremblante disait : — Et le chapelet, Henri, tu ne t’es pas trompé ; c’est bien celui du pape ? — Oui, grand’mère, c’est bien lui.